Billets

Les billets constituent la partie la plus importante de la collection numismatique de la Banque nationale. Vers le milieu de l’année 2004, leur nombre s’élevait à 23 624 coupures parmi lesquelles, à l’instar des pièces de monnaie, une importante proportion de billets belges. Les autres billets illustrent les différentes étapes du papier-monnaie et de l’Histoire des finances et de l’économie en général.

billet de 1 Kuan

billet de 1 kuan

Nous devons aux Chinois non seulement l’invention du papier, mais aussi celle du papier-monnaie. La date récise de mise en circulation reste une énigme, mais en tout cas, les premiers billets connus datent de 840. Ce billet date de la dynastie Ming et mentionne le nom de son fondateur, Hung Wu, ainsi que sa valeur, 1 kuan ou 1000 monnaies cash. Le texte dans le bas signifie que le billet est échangeable dans tout le royaume, que la contrefaçon est assible de la peine de mort et que l’informateur est récompensé des biens du faussaire.

biljet2

kreditivsedlar

Le billet de banque moderne est apparu en Suède au XVIIe siècle comme une solution à la pénurie aiguë de liquidités. En 1661, le banquier Johan Palmstruch obtient du roi le privilège exclusif d’émission de billets de banque non productifs d’intérêts, le kreditivsedlar. Ces billets étaient émis sans contre-valeur métallique. Les huit signatures, les timbres et les cachets constituent une tentative évidente de sécuriser le billet et de gagner la confiance du public.

billet de 1000 francs

billet de 1000 francs

Lors de sa création en 1850, la Banque nationale reçut le privilège d’émission des billets. La première série vit le jour un an plus tard et comportait cinq coupures, respectivement de 20, 50, 100, 500 ainsi que ce billet de 1000 francs. Dès le début, la Banque veilla à la sécurité et la fiabilité de son ‘enseigne’. Chaque billet était signé de la main du gouverneur (hormis le billet de 20 francs) et la numérotation était manuelle également, l’écriture étant plus difficile à imiter qu’un texte ou des nombres imprimés. 1000 francs en 1850 représentent environ 5000 euros aujourd’hui!

billet de 100 francs

billet de 100 francs

Ce billet de 100 francs de 1915, dont le portrait fut réalisé par l’Allemand Max Weber dès avant la guerre, est un témoin des troubles que connut la Belgique durant cette période. Par décision de l’occupant allemand, la Banque perd en 1914 son privilège d’émission au bénéfice de la Société générale. Cette dernière est donc mentionnée en tant que banque émettrice. Le billet est orné d’un portrait de la reine Louise-Marie, l’unique femme, avec Marguerite d’Autriche, à figurer seule sur un billet de banque belge.

monnaie de nécessité

monnaie de nécessité

Durant les conflits mondiaux, la circulation monétaire était rendue très difficile en Belgique. C’est pourquoi de nombreuses institutions, comme des comités de soutien ou de secours, des usines et des entreprises, et surtout des communes, se virent dans l’obligation d’émettre leur propre monnaie de nécessité. Cet argent n’était pas toujours imprimé en francs belges, mais se présenta aussi sous forme de bons d’alimentation ou de marchandises, tel cet exemplaire émis par la commune de Saint-Gilles, bon pour cinq rations de pommes de terre. La monnaie de nécessité n’avait cours que sur le territoire de la commune d’émission.

billet de 500 francs

billet de 500 francs

Ce billet de 500 francs s’intègre dans la série dédiée à notre dynastie et réalisée lors du Centenaire de la Banque. Les billets de la série “Centenaire” associent les trois premiers rois des belges à un événement marquant de leur règne respectif: Léopold Ier est associé à la création de la Banque nationale en 1850, Albert Ier à son rôle durant la première guerre mondiale, et Léopold II à ses ambitions coloniales. Louis Buisseret (1888-1956) évoque ici la reproduction du tableau de P.-P. Rubens, “Têtes de nègres”.

billet de 20 francs

billet de 20 francs

Ce billet de 20 francs est sans doute le plus populaire de toute l’histoire du papier-monnaie en Belgique. Il fut le billet le plus imprimé, avec celui de 50 francs où sont représentés le roi Baudouin et la reine Fabiola. Les raisons de son succès sont sa taille, petite et pratique, et sa faible valeur qui en faisait la coupure idéale pour l’argent de poche.

billet allemand de 5 millions d'euros

billet de 5 millions de mark

On peut difficilement imaginer aujourd’hui qu’un billet de 5 millions d’euros puisse être mis en circulation.

Ce billet allemand démontre que de telles sommes sont bien apparues sur du papier-monnaie. Et pourtant, ce billet d’inflation n’avait aucun pouvoir d’achat en 1923, lors de la période d’hyperinflation qui frappa l’Allemagne durant l’entre-deux guerres.

billet chinois de 1960

billet de 1 yuan

Outre un moyen de paiement, le billet de banque est aussi un excellent moyen de transmettre un message, puisqu’il passe entre toutes les mains et peut donc être ‘lu’. Ce billet chinois de 1960 en est un bon exemple: d’une part, il exalte les progrès techniques en agriculture et d’autre part, il met en exergue le rôle fondamental de la femme dans l’économie chinoise.